Crédence de cuisine : poser carrelage, verre ou inox
C’est la bande de mur la plus maltraitée de la maison : projections de sauce, vapeur d’eau bouillante, éponge humide passée deux fois par jour, chaleur d’une poêle à 250 °C. Poser une crédence de cuisine n’a rien de sorcier techniquement, mais c’est le dernier ouvrage visible du chantier, celui qu’on regarde à trente centimètres et où le moindre défaut d’alignement saute aux yeux. Toute la difficulté tient dans trois choses : un support vraiment plan, des découpes propres autour des prises, et des joints qui laissent le parement travailler. Voici la méthode complète, matériau par matériau.
À quel moment poser sa crédence de cuisine
La crédence se pose après les meubles bas et le plan de travail, et avant les meubles hauts si tu veux une finition parfaite. C’est contre-intuitif, mais l’ordre change tout.
| Étape | Pourquoi cet ordre |
|---|---|
| 1. Électricité en attente | Boîtes d’encastrement posées, fils sortis, mécanismes non montés |
| 2. Meubles bas fixés et de niveau | Le plan de travail donne la ligne de départ de la crédence |
| 3. Plan de travail posé | La crédence descend dessus, jamais l’inverse |
| 4. Crédence collée et jointoyée | Le mur est encore dégagé, tu travailles à deux mains |
| 5. Meubles hauts accrochés | Ils viennent mordre sur le haut de la crédence et masquent la coupe |
| 6. Mécanismes et plaques de prise | Après le joint, pour qu’ils recouvrent la découpe |
Poser les meubles hauts d’abord oblige à travailler dans un couloir de 55 cm, à la lampe frontale, avec une truelle qui tape en permanence contre les caissons. Et surtout, il faut alors couper la crédence pile à la bonne hauteur, sans jeu, ce qui est bien plus délicat que de la laisser filer 2 cm derrière le meuble.
Conseil : si les meubles hauts sont déjà accrochés (rénovation, cuisine existante), démonte-les. Deux vis par caisson, vingt minutes à deux, et tu récupères l’accès complet au mur. Tu regagnes ce temps dès la première rangée de carreaux.
Quel matériau choisir pour sa crédence
Quatre familles se partagent 95 % des cuisines. Elles ne se posent pas de la même façon, ne coûtent pas le même prix et ne pardonnent pas les mêmes erreurs.
Le carrelage et la faïence : le grand classique
C’est la solution la plus accessible en autoconstruction : format libre, réparable carreau par carreau, insensible à la chaleur, et un budget qui commence à 15 € le m² en faïence blanche 20 × 20. Le métro parisien 7,5 × 15, la mosaïque et les carreaux grand format 30 × 60 couvrent tous les styles.
Deux points de vigilance : les joints se salissent et jaunissent derrière une plaque de cuisson, et le nombre de coupes explose sur les petits formats (une crédence en métro sur 3 m linéaires, c’est environ 250 carreaux et 40 coupes). Choisis un joint gris moyen ou anthracite plutôt que blanc, et un joint hydrofuge de classe CG2.
Le verre trempé : le plus facile à vivre
Un panneau de verre trempé de 6 mm, laqué au dos, collé au mur. Aucun joint sur toute la surface, un coup d’éponge suffit, et l’effet visuel est net. C’est aussi le seul matériau qui accepte une impression photo ou une teinte RAL exacte.
En contrepartie, tout se joue avant la commande : le panneau est usiné en atelier avec ses découpes de prises, ses angles et ses chants polis. Après trempe, le verre ne se recoupe plus, ne se perce plus. Une cote fausse de 5 mm, c’est un panneau à refaire. Compte 150 à 350 € le m² et deux à trois semaines de délai.
L’inox : l’esprit cuisine pro
Une tôle inox 304 brossé de 0,8 à 1,5 mm, collée sur un support ou vissée. Insensible à la chaleur, hygiénique, elle se pose vite. C’est le matériau roi derrière un piano de cuisson.
Le revers : il marque. Traces de doigts, micro-rayures de l’éponge grattante, auréoles de calcaire. Un inox brossé vieillit bien si on l’entretient au chiffon microfibre dans le sens du brossage, un inox miroir devient rapidement médiocre.
Les panneaux stratifiés et compacts
Le panneau stratifié de crédence (généralement 6 à 10 mm, souvent assorti au plan de travail) se coupe à la scie circulaire et se colle en une heure. C’est la solution la plus rapide, et souvent la moins chère en grande largeur puisqu’elle supprime tous les joints.
Attention aux deux familles, qui n’ont rien à voir :
- Le stratifié sur âme en particules : une âme de bois aggloméré recouverte de mélamine. Léger, économique, mais il gonfle si l’eau atteint un chant nu. Tous les chants coupés doivent être étanchés au vernis ou au silicone avant la pose.
- Le compact (HPL massif) : une masse homogène de papiers imprégnés de résine, sans âme en bois. Il ne craint pas l’eau, se coupe librement, se pose en 6 mm, mais coûte trois fois plus cher. Le chant est noir, ce qui se voit et s’assume.

deja entierement montee ?} -->|Oui, cotes definitives
relevables au mm| B{Budget credence
superieur a 150 EUR/m2 ?} A -->|Non, chantier en cours
cotes encore mouvantes| C{As-tu deja pose
du carrelage ?} B -->|Oui| D[Verre trempe
sur mesure] B -->|Non| E{Piano ou plaque gaz
puissante ?} E -->|Oui| F[Inox brosse
colle sur support] E -->|Non| G[Panneau stratifie
ou compact] C -->|Oui| H[Carrelage ou faience
le plus polyvalent] C -->|Non, premiere fois| I[Faience 20x20 ou grand format
peu de coupes, marge d'erreur] style A fill:#0F4C81,stroke:#0F4C81,color:#fff style B fill:#0F4C81,stroke:#0F4C81,color:#fff style C fill:#0F4C81,stroke:#0F4C81,color:#fff style E fill:#0F4C81,stroke:#0F4C81,color:#fff style D fill:#56C6A9,stroke:#56C6A9,color:#fff style F fill:#56C6A9,stroke:#56C6A9,color:#fff style G fill:#F58220,stroke:#F58220,color:#fff style H fill:#56C6A9,stroke:#56C6A9,color:#fff style I fill:#F58220,stroke:#F58220,color:#fff
Les cotes d’une crédence de cuisine
La hauteur
La hauteur standard entre le plan de travail et le dessous des meubles hauts est de 55 à 60 cm. C’est le compromis entre le dégagement au-dessus des appareils posés (un robot pâtissier fait 45 cm, une bouilloire 30 cm) et l’accessibilité de la première étagère du meuble haut.
| Configuration | Hauteur de crédence |
|---|---|
| Standard avec meubles hauts | 55 à 60 cm |
| Personne de grande taille | 60 à 65 cm |
| Sans meubles hauts (mur libre) | 70 à 90 cm, ou toute la hauteur |
| Derrière une plaque avec hotte murale | Jusqu’au bas de la hotte, sans interruption |
| Retour sur un îlot ou un bar | 10 à 20 cm suffisent (garde-crasse) |
Cette cote se fige au moment de concevoir le plan de sa cuisine, pas au moment de coller. Elle conditionne la hauteur des meubles hauts, donc celle de la hotte, donc la position de la sortie de conduit.
Le calepinage vertical
Sur une crédence carrelée, tu as trois façons de gérer la hauteur, par ordre de qualité :
- Un nombre entier de carreaux. Tu choisis un format qui tombe juste (par exemple 5 rangs de métro 7,5 cm + joints = 39,5 cm, ou 2 rangs de 25 cm = 50,5 cm) et tu ajustes la hauteur des meubles hauts. C’est la solution des cuisinistes.
- Une coupe en haut, masquée par le meuble haut. Le rang du haut est recoupé et disparaît derrière le caisson. Invisible, simple, c’est le choix par défaut.
- Une coupe en bas. À éviter : le rang coupé est juste au-dessus du plan de travail, à hauteur de regard, et le moindre défaut de coupe se voit.
Attention : ne démarre jamais ton calepinage par le bas en supposant que le plan de travail est de niveau. Vérifie-le au niveau laser sur toute la longueur. Un plan qui descend de 4 mm sur 3 m fera dériver le premier rang de carreaux, et l’écart sera doublé en haut. Trace une ligne de référence horizontale au laser et pose ton premier rang dessus, en rattrapant le jeu au silicone en pied.
Préparer le support : l’étape qu’on saute et qu’on regrette
Une crédence se colle sur un support plan, sain, sec et propre. La tolérance est plus sévère qu’au sol : sur un mur, l’œil rase la surface et voit tout.
- Planéité : 2 mm maximum sous une règle de 2 m pour du carrelage, 1 mm pour un panneau de verre ou d’inox (un panneau rigide ne suit pas les bosses et se voile). Contrôle à la règle alu dans tous les sens.
- Support acceptable : enduit de plâtre sec, plaque de plâtre hydrofuge (BA13 vert), carreau de plâtre, béton, enduit ciment, ancien carrelage adhérent et dégraissé.
- Support à traiter : plâtre pulvérulent (à brosser puis primaire durcisseur), peinture brillante ou glycéro (à poncer au grain 80), papier peint (à déposer intégralement).
- Primaire d’accrochage : obligatoire sur plâtre et plaque de plâtre. Un primaire d’adhérence acrylique en une couche au rouleau, 4 heures de séchage. Il empêche le support d’absorber l’eau de la colle trop vite, ce qui est la première cause de décollement.
Si le mur est trop irrégulier, rattrape-le à l’enduit de rebouchage puis à l’enduit de lissage, comme expliqué dans notre guide pour enduire et lisser ses murs. En dernier recours, doubler d’une plaque de plâtre hydrofuge collée au MAP donne un support neuf et parfaitement plan.
Bonne pratique : sur une crédence derrière un évier, applique un système de protection à l’eau (SPEC) sur 60 cm de large de part et d’autre du point d’eau : une résine d’étanchéité au rouleau + bande d’angle dans la jonction plan/mur. Deux heures de travail qui protègent définitivement la cloison des infiltrations par le joint.
Poser une crédence en carrelage, étape par étape
- Tracer la ligne de départ au laser ou au niveau, à un rang de carreau au-dessus du plan de travail (compte l’épaisseur du carreau + 3 mm de joint souple en pied).
- Visser une règle alu ou un tasseau sur cette ligne. Les carreaux reposeront dessus le temps de la prise : sans elle, ils glissent et le calepinage descend.
- Trouver l’axe de calepinage. Centre la coupe sur l’élément le plus visible : l’axe de la hotte, l’axe de la fenêtre ou l’axe de l’évier. Une coupe de 2 cm en bout de mur se voit dix fois moins qu’un demi-carreau au milieu de la hotte.
- Encoller au peigne : colle C2TE (améliorée, à glissement réduit, à temps ouvert allongé) au peigne de 6 mm pour de la faïence, 8 mm pour du grand format. Encolle 0,5 m² à la fois, pas plus : la colle croûte en 20 minutes.
- Double encollage obligatoire au-delà de 30 × 30 cm et sur les carreaux non poreux (grès cérame). Une fine passe au dos du carreau avec le côté lisse de la truelle.
- Poser en pressant et en cisaillant légèrement le carreau pour écraser les sillons de colle. Croisillons de 2 mm (ou 1,5 mm pour un rendu fin).
- Contrôler la planéité tous les 3 ou 4 carreaux à la règle. Un carreau qui dépasse de 1 mm se rattrape dans les cinq minutes, plus après.
- Laisser sécher 24 heures avant de retirer la règle de départ et de jointoyer.
- Jointoyer à la raclette caoutchouc, en diagonale, avec un joint hydrofuge CG2. Nettoyer à l’éponge humide après 20 à 30 minutes, puis lustrer au chiffon sec le lendemain.
Le détail complet des techniques et de l’outillage est dans notre guide poser du carrelage mural, et le choix du joint dans choisir son joint de carrelage.
Conseil : achète 10 % de carreaux en plus, et 15 % si tu poses en chevron, en diagonale ou en mosaïque. Une crédence utilise beaucoup de coupes, et les bains de cuisson diffèrent d’un lot à l’autre. Un carreau cassé six mois plus tard, sans chute de rechange, condamne toute la crédence.
Poser une crédence en panneau : stratifié, compact ou inox
La pose en panneau est radicalement plus rapide : une demi-journée pour 3 m linéaires, joints compris.
- Relever les cotes au millimètre, mur par mur, en mesurant en haut et en bas (les murs ne sont jamais parallèles). Reporte les cotes des prises depuis le plan de travail et depuis l’angle.
- Fabriquer un gabarit carton grandeur nature. C’est l’étape que tout le monde saute et qui évite la moitié des erreurs. Tu le présentes au mur, tu ajustes, et tu traces le panneau dessus.
- Couper le panneau à la scie circulaire, lame à denture fine, en posant le panneau décor vers le bas (la scie circulaire éclate à la sortie de la lame). Une scie plongeante sur rail donne un chant net.
- Étancher les chants coupés sur un stratifié à âme particules : vernis polyuréthane, colle PU ou cordon de silicone neutre. Ne saute jamais cette étape sur le chant du bas, qui est le plus exposé.
- Coller au mastic MS polymère (type colle de montage haute performance), en plots de la taille d’une noix tous les 20 cm et en cordon continu sur le pourtour. Jamais de colle néoprène en contact : elle attaque certains stratifiés et ne se rattrape pas.
- Presser et maintenir 24 h avec des tasseaux calés en biais contre le plan de travail, ou du ruban de masquage résistant en attendant la prise.
- Traiter les angles avec un profil d’angle alu ou inox, ou par une coupe d’onglet à 45° si l’outillage le permet.
Pour l’inox, le principe est identique mais la tôle est souvent contrecollée en usine sur un panneau MDF de 8 mm, ce qui la rigidifie. Une tôle nue de 0,8 mm collée directement au mur reproduira toutes les bosses du support : elle exige un mur parfait, ou un doublage en CP marine.
Poser une crédence en verre trempé
Le verre arrive prêt à poser, découpes comprises. Trois méthodes de fixation :
| Méthode | Principe | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| Collage au MS polymère | Plots de colle + cordon périphérique | Cas standard, mur plan |
| Adhésif double face + colle | Bandes adhésives pour le maintien immédiat, colle pour la tenue | Grands panneaux, pose seul |
| Vissage traversant | Vis inox dans des trous usinés en atelier + caches | Panneaux très grands ou dépose prévue |
Points de méthode qui font la différence :
- Le verre laqué est opaque au dos mais translucide sur les chants. Utilise une colle blanche ou transparente : une colle grise se voit par transparence en périphérie.
- Prévois 3 mm de jeu sur chaque côté par rapport aux cotes du mur. Un panneau posé en force fissure au premier mouvement de la structure.
- Présente le panneau à blanc, sans colle, avec les mécanismes de prise démontés, avant de coller. C’est le seul moment où une erreur reste rattrapable.
- Le collage prend en 24 à 48 h. Cale le panneau sur des cales de 3 mm posées sur le plan de travail, pas sur le plan directement.
Attention : ne fais jamais recouper, percer ou meuler un verre trempé sur le chantier. La trempe met la surface en compression et le cœur en tension : au premier trait de disqueuse, le panneau entier explose en gravillons. Si une cote est fausse, c’est un nouveau panneau. C’est la raison pour laquelle le gabarit et la double vérification des cotes sont non négociables.
Les découpes de prises et d’interrupteurs
C’est le point où une belle crédence devient une crédence bâclée.
L’ordre correct : boîtes d’encastrement posées et arasées au nu du mur avant la crédence, mécanismes démontés pendant la pose, plaques de finition remontées en dernier, par-dessus la découpe. La plaque recouvre 3 à 5 mm autour de la boîte : c’est ta tolérance, pas plus.
Les découpes selon le matériau :
| Matériau | Outil | Méthode |
|---|---|---|
| Faïence, grès | Scie cloche diamant à eau | Perçage lent, sans percussion, arrosé |
| Carrelage grand format | Meuleuse + disque diamant, coupe plongeante | Percer les 4 angles à la scie cloche, relier |
| Stratifié, compact | Scie sauteuse, lame fine à denture inversée | Percer un avant-trou, découper décor vers le haut |
| Inox | Scie cloche bimétal + huile de coupe | Vitesse lente, ébavurer à la lime |
| Verre trempé | Usinage en atelier uniquement | Cotes transmises au verrier avec le gabarit |
Deux règles de sécurité : la boîte d’encastrement doit rester accessible et les vis de fixation du mécanisme ne doivent jamais porter sur le carreau (elles fendraient la faïence en serrant). Si la crédence épaissit le mur de plus de 10 mm, prévois des vis de mécanisme plus longues ou une boîte à profondeur ajustable. Le détail du câblage est dans notre guide sur la pose des prises et interrupteurs.
Conseil : positionne les prises du plan de travail à 10-12 cm au-dessus du plan, jamais au milieu de la crédence. Basses, elles sont accessibles, les fils d’appareils ne pendent pas devant le mur, et la découpe reste dans le premier rang de carreaux, donc plus facile à traiter. Les réglettes de prises en applique sous meuble haut évitent même toute découpe.
Les trois joints qui font la durabilité

Une crédence bien posée qui se fissure ou se décolle, c’est presque toujours un problème de joint. Il y en a trois, et aucun ne se fait au mortier.
- Le joint en pied, entre le plan de travail et la crédence. Silicone neutre sanitaire, 3 mm de large. C’est un joint de dilatation : le plan de travail bouge (dilatation thermique, humidité, charge), la crédence ne bouge pas. Un joint ciment à cet endroit se fissure en une saison et laisse l’eau descendre dans le caisson.
- Le joint en tête, sous le meuble haut ou en arrêt libre. Silicone également, ou un profil de finition alu clipsé.
- Le joint d’angle rentrant, dans les angles de mur. Silicone, jamais de mortier. Deux plans perpendiculaires ne travaillent pas dans le même sens.
Choisis un silicone neutre (dit aussi oxime) et pas un silicone acétique : l’acétique attaque l’inox, ternit le laiton et adhère mal sur certains stratifiés. Un silicone sanitaire fongicide, appliqué au pistolet en un passage continu, lissé au doigt savonneux ou à la spatule, dure 5 à 7 ans avant de devoir être refait.
Le principe est le même que celui décrit pour les joints de dilatation en carrelage : partout où deux matériaux différents se rencontrent, on met du souple.
Derrière la plaque de cuisson : ce que la sécurité impose
Toutes les crédences ne sont pas égales face à la chaleur d’une plaque de cuisson.
| Matériau | Derrière une plaque | Contrainte |
|---|---|---|
| Carrelage, faïence, grès | Oui, sans réserve | Aucune |
| Verre trempé | Oui | Épaisseur 6 mm mini, trempe certifiée |
| Inox | Oui, idéal | Aucune |
| Stratifié, compact | Sous conditions | Écran ou distance latérale |
| Bois massif, panneau peint | Non | Inflammable |
Pour un panneau stratifié ou compact, les fabricants imposent en général une distance libre de 5 à 10 cm entre le bord de la plaque et le panneau, ou l’interposition d’un écran (une plaque de verre trempé ou d’inox derrière la zone de cuisson). Sur une plaque gaz, la contrainte est plus forte que sur une induction : la flamme lèche latéralement et la casserole rayonne.
Vérifie systématiquement la notice de ta plaque : elle donne une cote de sécurité arrière et latérale, et cette cote engage ta garantie et ton assurance. Sur une plaque gaz, la hauteur libre au-dessus de la crédence rejoint aussi les cotes imposées pour l’installation d’une hotte aspirante.
Les erreurs les plus fréquentes
| Erreur | Conséquence | Correctif |
|---|---|---|
| Poser sans primaire sur plâtre | Colle qui sèche trop vite, carreaux qui sonnent creux | Primaire d’accrochage, 4 h de séchage |
| Partir du plan de travail sans vérifier son niveau | Rangs qui dérivent, écart doublé en haut | Ligne laser de référence, jeu rattrapé au silicone |
| Joint ciment en pied de crédence | Fissure en une saison, eau dans le caisson | Silicone neutre sanitaire, 3 mm |
| Silicone acétique sur inox | Inox terni, joint qui se décolle | Silicone neutre (oxime) |
| Coupe visible en bas plutôt qu’en haut | Défaut à hauteur de regard | Coupe en tête, masquée par le meuble haut |
| Calepinage démarré depuis un angle | Demi-carreau en plein milieu de la hotte | Centrer sur l’axe de la hotte ou de l’évier |
| Prises percées après la pose du verre | Panneau détruit | Cotes usinées en atelier, gabarit carton |
| Panneau posé en force entre deux murs | Fissuration, voilement | 3 mm de jeu par côté |
| Chants de stratifié non étanchés | Gonflement de l’âme en 1 à 2 ans | Vernis PU ou silicone sur tous les chants coupés |
| Tôle inox fine collée sur mur bosselé | Ondulations visibles en lumière rasante | Doublage CP ou MDF, ou support ragréé |
| Stratifié au ras d’une plaque gaz | Risque d’inflammation, garantie annulée | Écran inox ou verre, 10 cm de garde |
| Plan de travail non protégé | Colle et joint incrustés dans le décor | Carton + adhésif de masquage avant toute pose |
| Meubles hauts posés avant la crédence | Travail à l’aveugle, coupes ajustées au mm | Crédence d’abord, meubles hauts ensuite |
Checklist : poser une crédence de cuisine
- Hauteur de crédence arbitrée (55 à 60 cm standard)
- Matériau choisi en cohérence avec la plaque de cuisson
- Meubles bas et plan de travail posés, fixés et de niveau
- Meubles hauts déposés ou pas encore accrochés
- Boîtes d’encastrement posées, arasées, fils en attente
- Mécanismes de prise démontés avant la pose
- Planéité du mur contrôlée à la règle de 2 m (2 mm maxi, 1 mm pour un panneau)
- Support brossé, dégraissé, sec
- Primaire d’accrochage appliqué sur plâtre ou plaque de plâtre
- SPEC ou bande d’étanchéité posée autour du point d’eau
- Plan de travail protégé (carton + adhésif de masquage)
- Niveau du plan de travail vérifié au laser sur toute la longueur
- Ligne de départ tracée au laser, règle ou tasseau vissé dessus
- Calepinage centré sur l’axe de la hotte, de la fenêtre ou de l’évier
- Coupe prévue en tête, masquée par le meuble haut
- 10 à 15 % de carreaux en plus commandés, même bain de cuisson
- Colle C2TE au peigne 6 ou 8 mm, double encollage au-delà de 30 x 30
- Planéité contrôlée tous les 3 ou 4 carreaux à la règle
- Gabarit carton réalisé avant toute découpe de panneau
- Cotes de verre trempé vérifiées deux fois avant commande
- 3 mm de jeu prévu sur chaque côté d’un panneau rigide
- Chants coupés de stratifié étanchés au vernis PU ou au silicone
- Découpes de prises faites à la scie cloche diamant, sans percussion
- Recouvrement des plaques de finition vérifié (3 à 5 mm)
- Vis de mécanisme rallongées si la crédence épaissit le mur
- 24 h de séchage avant jointoiement ou dépose des cales
- Joint de carrelage hydrofuge CG2, teinte moyenne plutôt que blanche
- Joint souple silicone neutre en pied, en tête et dans les angles
- Distance de sécurité respectée derrière la plaque de cuisson
- Meubles hauts et plaques de prise remontés en dernier